Mode et protection des œuvres de l’esprit.

Mode et protection des œuvres de l’esprit.

Mode et protection des œuvres de l’esprit.

S’il y a bien un fléau qui accable la création des œuvres de l’esprit c’est bien la contrefaçon. Le secteur de la mode est de plus en plus touché. C’est pourquoi il existe de nos jours des structures chargées du contrôle et de la protection de ces œuvres.

Dans les pays ayant une réelle industrie de mode comme l’Angola, la protection des croquis et des modèles est une réalité et ça semble bien marcher pour eux.

Au Burkina Faso, c’est le contraire. Tout laisse penser que l’industrie de la mode burkinabè n’a pas encore atteint ce niveau. Hormis la déclaration de certaines marques au BBDA, les stylistes s’intéressent très peu à la protection de leurs œuvres.

Je suis donc allé à la rencontre de quelques créateurs afin de comprendre le pourquoi, comme on dit dans le jargon. C’est alors que Idé Mava, l’une des premier promoteurs de marque burkinabè, m’a confié n’avoir jamais protégé ses modèles. Il explique que protéger les modèles au Burkina Faso est très compliqué compte tenue du manque de créativité au niveau local.

Par exemple dit-il, « lorsque tu dessines un croquis, si un autre individu modifie un tant soit peu sa couleur ou autre chose, il se l’approprie immédiatement ».

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A la question de savoir si le BBDA prend en charge la protection des créations dans le monde de la mode, Mava répond n’avoir pas d’informations. « Le BBDA c’est surtout les droits d’auteur des artistes. Par exemple pour notre évènement, le SIPAO (Salon international du Prêt-à-porter de Ouagadougou), on reverse de l’argent au BBDA pour la musique utilisée sur le site. Mais je ne sais pas si le BBDA protège également les œuvres des stylistes et designers » m’a-t-il laissé entendre.

Par la suite, j’ai pu rencontrer Ben Isaac. Même constat. Le jeune styliste et promoteur de la marque Black dit n’avoir pas d’informations en ce qui concerne la protection des modèles. Il affirme cependant qu’il serait prêt à protéger ses créations si les conditions sont favorables et bénéfiques et ne voit aucun inconvénient à ce que ses créations soient copiées. Parce que la plupart du temps il fait dans le « limited collection ».

Si la plupart méconnaissent les textes en vigueur au sujet de la protection des œuvres de l’esprit au Burkina Faso, d’autres par contre trouvent l’exercice assez complexe.

C’est le cas de Rahiza Kabore, jeune styliste burkinabè et responsable de la marque Kara : « c’est très difficile de protéger un modèle au Burkina Faso. Lorsque tu crées une tenue, quelques jours plus tard, le modèle se retrouve partout dans la ville de Ouagadougou. Alors, qui sanctionner m’a-t-elle confié.

En résumé, je retiens que la plupart des stylistes sont sceptiques quant à la déclaration et à la protection de leurs modèles. Les œuvres protégées au Burkina sont pourtant diverses. Tout ceci démontre de la méconnaissance des structures de protection des œuvres et de leurs objectifs, particulièrement dans le domaine du design et de la mode.

Pourtant, la mode et le design sont les domaines de la créativité par excellence. Le droit d’auteur permettrait aux créateurs de vivre de manière exclusive de leurs œuvres. Il garantit à fois la protection et le contrôle des œuvres mais aussi et surtout permet aux auteurs d’avoir une certaine rémunération.

Vivement que des actions soient menées au plus haut sommet afin qu’on puisse voir s’ériger au Burkina Faso, une véritable industrie de la mode.

Cet article a 2 commentaires

  1. Au Burkina faso le domaine de l’art pas seulement de la mode est du laisser aller.alors qu’on oublie que la mode fait partie de l’identité d’un pays..

    1. C’est exactement çela, Ida Ilassé .C’est un domaine qui peut rapporter gros si les moyens sont mis à disposition.

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